Gabon : la fin annoncée de la subvention de la farine ravive la peur d’une flambée des prix

Une nouvelle inquiétante se profile pour les ménages gabonais. Selon le média en ligne Gabon Media Time (GMT), l’État gabonais envisagerait de mettre fin, dès 2026, à la subvention accordée au prix de la farine. Une décision qui, si elle se confirmait, ferait craindre une hausse significative des prix et un impact direct sur le coût de la vie, déjà jugé étouffant par une large frange de la population.
En 2025, cette subvention représentait près de 2 milliards de francs CFA, un effort budgétaire qui permettait de maintenir un certain équilibre sur le marché et d’éviter une flambée du prix du sac de farine. Sa suppression viendrait rompre cet équilibre fragile, dans un contexte marqué par la stagnation des salaires, un chômage persistant et une inflation ressentie au quotidien par les ménages.
Certes, la farine continuerait de bénéficier d’un taux réduit de TVA, mais cette mesure fiscale apparaît insuffisante pour compenser la disparition totale de la subvention. Les professionnels du secteur, notamment les boulangers et les transformateurs, redoutent déjà une répercussion mécanique sur les prix de vente au consommateur final.
L’histoire récente nourrit d’ailleurs ces craintes. En 2020, une hausse pourtant limitée, 1 000 FCFA sur le sac de farine, avait provoqué une vive contestation. À l’époque, la SMAG, principal distributeur de farine au Gabon, avait relevé le prix du sac de 15 500 à 16 250 FCFA, poussant le Syndicat national des boulangers à augmenter le prix de la baguette de 125 à 150 FCFA.
Pour contenir la grogne, l’État avait alors autorisé la fabrication d’un demi-pain à 75 FCFA, une solution transitoire qui n’a jamais véritablement trouvé son public. Aujourd’hui, ce demi-pain a quasiment disparu, laissant la baguette à 150 FCFA s’imposer comme la norme.
Dans ce contexte, la suppression pure et simple de la subvention de la farine pourrait provoquer une désorganisation en chaîne : hausse du prix du pain, renchérissement des gâteaux, des farines transformées et des produits de pâtisserie, avec un impact direct sur le panier de la ménagère.
Au-delà de la farine, c’est donc toute une chaîne alimentaire essentielle qui pourrait être affectée. Et avec elle, le spectre de tensions sociales, ravivé par le souvenir encore vif des précédentes augmentations. La crainte est désormais claire : sans mesure d’accompagnement crédible, la fin de la subvention pourrait transformer la farine, produit de base, en symbole d’une vie toujours plus chère.



